La réponse courte : prenez la capacité de votre station en wattheures et divisez-la par 4 : vous obtenez la puissance de panneau, en watts, qui la remplit sur une bonne journée d'été. 286 Wh appellent un 110 W, 1 kWh un 220 W, 2 kWh deux panneaux de 220 W. Vérifiez ensuite que l'entrée solaire de la station accepte la tension et le courant du panneau : c'est là que se jouent presque toutes les mauvaises surprises. La puissance affichée correspond à une mesure de laboratoire dite STC : sur le terrain, un panneau bien orienté n'en restitue que 60 à 75 % en plein été. Comptez environ 3 h 45 pour recharger 286 Wh avec un panneau de 110 W, ou 3 h 20 pour 1 024 Wh avec deux panneaux de 220 W. Le pliable pèse 3,3 kg pour 110 W et 5,1 kg pour 220 W, le rigide environ 10 kg pour 250 W.
Et retenez ceci : la puissance imprimée sur l'étiquette est une valeur de laboratoire. Sur le terrain, on en récupère 60 à 75 % au mieux.
Pourquoi un panneau solaire ne produit-il jamais sa puissance annoncée ?
Les 220 W d'un panneau viennent d'une mesure normalisée dite STC : 1 000 W par mètre carré, cellules à 25 °C, ciel dégagé. Ces conditions durent quelques minutes par an.
- L'orientation. Posé à plat au lieu d'être perpendiculaire au soleil, un panneau perd 25 à 40 %. Deux minutes pour régler la béquille valent mieux que 50 W de panneau en plus.
- La saison. Une journée de juin en France offre 5 à 6 heures d'ensoleillement équivalent plein soleil. En décembre, il en reste 1 à 2.
- Les nuages. Un voile blanc laisse passer 20 à 30 % de la puissance, une couche épaisse moins de 10 %.
- La chaleur. Une cellule perd environ 0,4 % par degré au-dessus de 25 °C. En plein été, la surface monte vers 60 °C et laisse 12 à 15 % en route : un caillou sous chaque coin, pour l'air, se rentabilise seul.
- L'ombre. Une seule cellule masquée par une branche ou un sac fait chuter toute la rangée.
Retenez le coefficient : 60 à 75 % de la puissance crête en plein été, panneau bien orienté.
Comment calculer la puissance de panneau solaire adaptée à sa station ?
Puissance du panneau en W = capacité de la station en Wh divisée par 4. Divisez par 2 pour une recharge en demi-journée ou pour l'hors-saison, par 8 pour simplement compenser la consommation du jour : téléphones, lampes, glacière.
| Capacité de la station | Panneau conseillé | Exemple en boutique | Usage type |
|---|---|---|---|
| 190 à 300 Wh | 100 à 120 W | 110 W bifacial | Bivouac, photo |
| 500 à 900 Wh | 160 à 220 W | 160 W pliable | Week-end en van |
| 1 kWh | 220 W, ou 2 x 160 W | 220 W portable | Van aménagé |
| 2 kWh et plus | 400 à 500 W (deux panneaux) | 2 rigides de 250 W | Cabanon, chantier |
Reste le plafond : chaque station impose une entrée solaire maximale. La RIVER 3 de 245 Wh n'accepte pas plus de 110 W, et lui brancher un 220 W n'apporte rien. La RIVER 3 Plus monte à 220 W, la DELTA 3 Plus encaisse 2 x 500 W, la DELTA 3 Max Plus 1 000 W. Chez FOSSIBOT, les F1800 et F2400 plafonnent à 500 W, et la TRAIL 300 DC à 110 W.
Le temps de recharge réel
Une seule formule : durée en heures = capacité en Wh divisée par (puissance du panneau x 0,7). Le 0,7 est le coefficient de la vraie vie.
- 286 Wh avec un 110 W : environ 3 h 45, soit une matinée.
- 1 024 Wh avec un seul 220 W : près de 7 heures, toute une journée d'été sans nuage.
- 1 024 Wh avec deux 220 W : environ 3 h 20.
Les durées annoncées par les fabricants supposent l'entrée saturée : les 70 minutes d'une DELTA 3 Plus au solaire correspondent à 1 000 W de panneaux. Avec un seul 220 W, comptez dix fois plus.
Le piège des incompatibilités
Un panneau et une station peuvent être parfaitement fonctionnels et refuser de travailler ensemble. Trois chiffres, lus sur la fiche de la station, règlent la question.
- La fenêtre de tension d'entrée. Une DELTA 3 Plus accepte 11 à 60 V, une FOSSIBOT F1800 12 à 60 V, un adaptateur solaire MPPT DJI 12 à 30 V seulement. Le chiffre à comparer côté panneau est la tension à vide, la plus haute qu'il produise.
- Le courant maximal. La F1800 s'arrête à 15 A, l'adaptateur DJI à 10 A sur un canal. Un panneau de 220 W qui débite 12,2 A en court-circuit passe sur la première, pas sur le second.
Un exemple : le lot de 2 panneaux rigides 250 W affiche 50 V à vide, parfait sur une entrée 11 à 60 V, hors sujet sur un adaptateur limité à 30 V. À l'inverse, le pliable Zignes 120 W monte à 26 V et 7 A, pile dans la fenêtre des stations DJI Power via leur câble solaire MC4.
En série, les tensions s'additionnent : deux panneaux à 21,4 V donnent 42,8 V, encore sous les 60 V, mais deux rigides à 50 V donnent 100 V et mettent l'entrée en sécurité. En parallèle, ce sont les courants qui s'additionnent, la tension ne bouge pas : c'est le rôle du câble parallèle, le montage le plus sûr en cas de doute. Côté connectique, MC4 est le standard du panneau et XT60 celui d'EcoFlow : un câble MC4 vers XT60 ou une rallonge MC4 de 3 m règlent le reste.
MPPT, monocristallin, bifacial
Le MPPT cherche en permanence le point où le panneau délivre le plus de puissance, et le retrouve dès qu'un nuage passe : 15 à 30 % de mieux qu'un PWM d'ancienne génération. Toutes les stations sérieuses l'intègrent, sauf les DJI Power qui réclament l'adaptateur externe.
Le monocristallin est le standard du portable ; le rendement des cellules, lui, varie : 20 à 21 % sur les générations précédentes, 22 à 23 % sur les modèles récents, 25 % et plus sur les TOPCon de type N. Le rendement ne change pas les watts annoncés, mais le poids à porter pour les obtenir : le 160 W de génération précédente pèse 5 kg, le 160 W pliable TOPCon 3,8 kg.
Le bifacial capte le rayonnement réfléchi par le sol sur sa face arrière. Le gain est réel sur du sable clair, de la neige ou du béton, quasi nul sur de l'herbe haute, et il suppose de surélever le panneau. Le 220 W bifacial illustre le compromis : 9,4 kg sur la balance.
Pliable, rigide ou flexible
- Le pliable est le format valise, déplié en trente secondes sur sa béquille réglable de 30 à 60 degrés. Comptez 3,3 kg pour 110 W, 3,8 kg pour 160 W, 5,1 kg pour 220 W. Replié, un 220 W tient dans 60 x 60 cm sur 4 cm : format coffre de voiture, pas format sac à dos.
- Le rigide, verre trempé et cadre aluminium, pèse environ 10 kg par panneau de 250 W. Meilleur rendement au mètre carré, mais il réclame un emplacement fixe et un support inclinable.
- Le flexible, comme ce 100 W de 2,3 kg, épouse un toit courbe pour 25 mm d'épaisseur. Collé à plat sans lame d'air, il chauffe, perd du rendement et vieillit plus vite qu'un panneau sous verre.
Pour une installation qui ne bouge plus, le suiveur solaire deux axes oriente le panneau toute la journée et annonce jusqu'à 30 % de production en plus. La seule méthode que Yumi approuve : elle évite d'avoir à se lever.
Pluie, vent, chaleur
IP65 annonce une résistance aux jets d'eau, IP67 et IP68 l'immersion temporaire : une averse ne fait rien à un panneau portable. Le piège tient dans une petite ligne, "hors boîtier de jonction" : le dos du panneau et les connecteurs MC4 n'aiment pas la flaque. Posez-le incliné, connecteurs vers le haut.
Le vrai ennemi n'est pas la pluie mais le vent : un pliable déployé est une voile de deux mètres carrés. Lestez, sanglez, repliez dès que ça souffle, et ne rangez jamais un panneau plié humide.
Trois usages, trois choix
Le bivouac et la photo. Une station de 250 à 300 Wh et un panneau de 110 W tiennent une semaine à deux : le 110 W bifacial et ses 3,3 kg sont le meilleur compromis, ou le 110 W pour Delta et River sur une station plus ancienne.
Le van et les longs week-ends. Une station de 1 kWh et un panneau de 220 W rendent l'autonomie réelle : glacière, ordinateur, éclairage, pompe à eau. Le 220 W portable à 5,1 kg se porte seul, et le 220 W à connectique MC4 va sur n'importe quelle station.
Le cabanon et le secours à la maison. À partir de 2 kWh, on ne parle plus de portabilité mais de production : le lot de 2 panneaux rigides 250 W, posé plein sud, produit davantage et vieillit mieux qu'un pliable laissé dehors.
Les questions qu'on me pose
Quelle puissance de panneau solaire portable choisir ?
Divisez la capacité de votre station en wattheures par 4 : vous obtenez la puissance en watts qui la remplit sur une bonne journée d'été. Comptez 110 W pour 250 à 300 Wh, 220 W pour 1 kWh et 400 à 500 W pour 2 kWh. Vérifiez ensuite que l'entrée solaire de la station accepte cette puissance.
Un panneau de 220 W produit-il vraiment 220 W ?
Non. Les 220 W sont mesurés en laboratoire, sous 1 000 W par mètre carré et cellules à 25 °C. Sur le terrain, un panneau bien orienté rend 60 à 75 % de sa puissance crête en plein été et 20 à 30 % sous un ciel voilé. Posé à plat, il perd encore 25 à 40 %.
Combien de temps faut-il pour recharger une station électrique au solaire ?
Divisez la capacité en wattheures par 70 % de la puissance du panneau. Une station de 286 Wh avec un panneau de 110 W demande environ 3 h 45 de plein soleil, la même avec un 220 W environ 1 h 50. Une station de 1 kWh avec deux panneaux de 220 W tourne autour de 3 h 20.
Comment savoir si un panneau solaire est compatible avec ma station ?
Trois chiffres, lus sur la fiche de la station : la fenêtre de tension d'entrée, le courant maximal et la puissance maximale. La tension à vide du panneau doit tomber dans la fenêtre, sinon l'entrée refuse de charger. Un panneau à 50 V passe sur une entrée 11 à 60 V, jamais sur un adaptateur limité à 30 V.
Faut-il un panneau solaire pliable ou un panneau rigide ?
Le pliable se transporte : 3 à 5 kg pour 110 à 220 W, béquille intégrée et format de valise. Le rigide offre le meilleur rendement au mètre carré et tient des années dehors, mais pèse environ 10 kg pour 250 W. Pliable pour le van et le bivouac, rigide pour un toit ou un jardin.
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Yumi le Solaire
PDG autoproclamé de Yumi & Cie (personne n'a osé contester)
