La réponse courte : dans neuf cas sur dix, une première couche d'impression 3D qui n'accroche pas vient d'un plateau gras, pas d'un réglage. Nettoyez la surface à l'alcool isopropylique à 70 % ou plus, sur un chiffon microfibre et plateau froid, jamais à l'acétone, qui attaque le revêtement PEI. Essuyez la buse, où une perle de plastique figée qu'on retire à chaud, avec une pince en laiton ou un essuie-buse fixé sur le plateau, laboure sinon la couche fraîche, puis seulement ensuite touchez au décalage en Z, par pas de 0,02 mm, jusqu'à des lignes qui se touchent sans se chevaucher. La température de plateau reste dans la plage de la matière : 50 à 60 degrés en PLA, 70 à 85 en PETG, 90 à 110 en ABS. Les six vérifications qui suivent sont classées de la plus fréquente à la plus rare : faites-les dans l'ordre et arrêtez-vous dès que le problème disparaît.
Chaque étape prend moins de cinq minutes et ne demande aucun outil particulier.
Comment diagnostiquer en trente secondes une première couche qui n'accroche pas ?
Avant de démonter quoi que ce soit, regardez la ligne d'amorce, celle que la machine trace sur le bord du plateau au démarrage. Elle contient déjà la réponse.
- La ligne est ronde et se décolle en tirant dessus. La buse est trop haute, ou le plateau est sale. C'est le cas le plus courant.
- La ligne est écrasée, translucide, avec des bourrelets sur les côtés. La buse est trop basse. Le plastique n'a plus la place de sortir.
- La ligne est discontinue, par endroits absente. Sous-extrusion : buse partiellement bouchée, filament humide, ou plateau qui n'est plus plan.
- La ligne accroche d'un côté et pas de l'autre. Défaut de planéité ou de nivellement, jamais un problème de matière.
Les six vérifications, dans l'ordre de fréquence
- Le plateau est gras. Un doigt posé une fois suffit.
- La buse porte une perle de plastique figée qui laboure la couche.
- Le décalage en Z est mal réglé, souvent de deux ou trois centièmes.
- Les températures de première couche sont trop basses.
- Le filament a pris l'humidité et sort en crachotant.
- La surface du plateau est usée, rayée ou voilée. Elle se remplace.
Vérifications 1 et 2 : ce qui se nettoie en cinq minutes
Le PEI accroche par contact intime avec le plastique fondu. Une trace de doigt suffit à rompre ce contact, et le sébum ne part pas au chiffon sec. Le geste correct : alcool isopropylique à 70 % ou plus, sur un chiffon microfibre, plateau froid, en frottant jusqu'à ce que la surface grince. Puis on ne repose plus les doigts dessus.
Deux interdits absolus. L'acétone attaque le PEI et le rend définitivement mat et collant par plaques. Les produits ménagers laissent un film de tensioactif qui empire tout. En cas de restes de colle en bâton, de l'eau chaude savonneuse puis un rinçage abondant règlent la question, à condition de bien sécher.
La deuxième vérification concerne la buse. Une perle de plastique figée sur le nez de la buse laboure la couche fraîche et arrache ce qui vient d'être posé. On la retire à chaud, avec une pince en laiton, ou on installe un essuie-buse pour plateau chauffant, une petite brosse fixée sur le plateau que la machine vient frôler avant chaque impression. Six grammes de consommable qui suppriment une cause entière.
Si la buse reste partiellement bouchée après nettoyage, elle est probablement usée. Une buse laiton s'agrandit avec le temps, très vite avec un filament chargé en fibre. Un lot de cinq buses laiton de 0,4 mm coûte moins cher qu'une soirée perdue, et pour les matières abrasives il faut passer aux buses en acier trempé. Sur les machines à tête rapide, c'est parfois l'ensemble qui se change, comme le hotend complet avec buse 0,4 mm.
Vérification 3 : le décalage en Z, le réglage qui décide de tout
Le décalage en Z, ou Z offset, est la distance entre la pointe de la buse et le plateau au moment de la première couche. Il se joue à quelques centièmes de millimètre. Le nivellement automatique cartographie la surface, mais il ne connaît pas cette distance : c'est vous qui la donnez.
La méthode qui marche se pratique en cours d'impression, pas dans un menu à froid. Lancez une impression, laissez la première couche démarrer, et ajustez par pas de 0,02 mm en regardant le résultat. Vous cherchez une couche dont les lignes se touchent sans se chevaucher, avec une surface mate et régulière. Trop haut, on voit des sillons entre les lignes et la pièce se décolle ; trop bas, la surface devient brillante et translucide, les bords forment un bourrelet, et la buse finit par se boucher.
Deux réglages du logiciel de découpe aident beaucoup et ne coûtent rien : une première couche de 0,2 mm de hauteur plutôt que 0,12, et une vitesse de première couche autour de 20 mm/s. Un filet plus épais, posé lentement, pardonne les petites erreurs de hauteur.
Quelle température pour la première couche en impression 3D ?
Une première couche se pose plus chaud que le reste de la pièce. Ajoutez 5 à 10 degrés à la buse pour la couche initiale : le plastique plus fluide épouse mieux le grain du plateau. Vérifiez aussi que le ventilateur de couche est bien coupé sur la première couche, ce qui est le réglage par défaut de la plupart des profils mais saute dès qu'on bricole les vitesses.
Côté plateau, restez dans la plage de la matière : 50 à 60 degrés en PLA, 70 à 85 en PETG, 90 à 110 en ABS. Une valeur trop basse ne colle pas ; une valeur trop haute ramollit la base de la pièce et provoque un affaissement du premier centimètre, ce qu'on appelle l'effet patte d'éléphant.
La cinquième cause est plus sournoise. Un filament qui a pris l'humidité crépite à l'extrusion et sort de façon irrégulière : la première couche présente alors des trous, des points brillants et des discontinuités sans raison apparente. Le test est immédiat, on extrude cinq centimètres dans le vide et on écoute. Un sécheur de filament Creality Space Pi, qui chauffe de 45 à 70 degrés avec une minuterie de 0 à 48 heures, remet une bobine en état en une nuit. Les symptômes complets sont détaillés dans l'article sur le filament humide, et les mêmes causes produisent souvent les fils entre les pièces.
Vérification 6 : la surface a fait son temps
Un revêtement PEI n'est pas éternel. Il perd son grain aux endroits les plus utilisés, en général au centre, et l'accroche y devient nettement plus faible qu'en périphérie. Le symptôme est caractéristique : les pièces posées sur les bords tiennent, celles du centre se décollent.
Trois autres signes ne trompent pas. Une zone brillante et lisse au milieu d'une surface texturée. Un cratère laissé par un arrachement de PETG. Une plaque qui ne repose plus à plat et se soulève d'un coin, souvent après avoir été pliée trop fort pour démouler une grande pièce. Dans ces trois cas, la plaque se remplace : chaque machine a la sienne, par exemple le plateau PEI texturé flexible de la Kobra 2 Neo.
Du symptôme à la cause, en un tableau
| Ce que vous voyez | Cause la plus probable | Le geste |
|---|---|---|
| La pièce se décolle par un coin en cours d'impression | Plateau gras ou trop froid | Alcool isopropylique, puis 5 °C de plus sur le plateau |
| Les lignes de la première couche ne se touchent pas | Buse trop haute | Baisser le décalage en Z de 0,02 mm à la fois |
| Surface brillante, translucide, avec bourrelets | Buse trop basse | Remonter le décalage en Z de 0,02 mm à la fois |
| Ligne discontinue, points brillants, crépitement | Filament humide ou buse partiellement bouchée | Sécher la bobine, nettoyer ou changer la buse |
| Ça tient sur les bords, pas au centre | Revêtement usé au centre | Remplacer la plaque |
| Base de pièce évasée sur le premier centimètre | Plateau trop chaud | Baisser le plateau de 5 à 10 °C |
Les questions qu'on me pose
Avec quoi nettoyer un plateau PEI ?
De l'alcool isopropylique à 70 % ou plus, sur un chiffon microfibre, plateau froid. Jamais d'acétone, qui attaque le revêtement et le rend collant par plaques, ni de produit ménager, qui laisse un film de tensioactif. Pour des restes de colle en bâton, de l'eau chaude savonneuse suivie d'un rinçage abondant et d'un séchage complet.
Comment régler le décalage en Z sans se tromper ?
En cours d'impression, pas dans un menu à froid. Lancez une pièce, laissez la première couche se poser et ajustez par pas de 0,02 mm. La bonne valeur donne des lignes qui se touchent sans se chevaucher, sur une surface mate et régulière. Sillons visibles : trop haut. Aspect brillant et bourrelets sur les bords : trop bas.
Faut-il mettre de la colle en bâton sur le plateau ?
Pas pour le PLA sur PEI texturé, où elle est inutile. Elle devient en revanche très utile pour le PETG, non pas pour coller mais pour séparer : sans elle, le PETG se soude au revêtement et en arrache un éclat au démoulage. Elle rend le même service à l'ABS quand les coins se lèvent.
La première couche accroche sur les bords mais pas au centre, pourquoi ?
Parce que le revêtement est usé à l'endroit le plus utilisé. Le PEI perd son grain là où les pièces se posent le plus souvent, et l'accroche y chute. Une zone brillante au milieu d'une surface mate confirme le diagnostic. La plaque se remplace, elle ne se rénove pas.
Le nivellement automatique dispense-t-il de régler la hauteur ?
Non. Le nivellement automatique mesure la forme du plateau et corrige ses défauts de planéité, mais il ne connaît pas la distance exacte entre la pointe de la buse et la surface. Ce décalage se règle à la main, et il change dès que vous changez de plaque ou de buse.
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Yumi le Méthodique
PDG autoproclamé de Yumi & Cie (personne n'a osé contester)
