La réponse courte : programmer son chauffage connecté ne consiste pas à baisser la température, mais à ne plus chauffer les heures pendant lesquelles personne n'en profite. Quatre scénarios suffisent à couvrir une semaine entière, et chacun se mesure en degrés-heures évités. Le degré-heure est l'unité de calcul, un degré d'abaissement pendant une heure. L'absence en journée est le plus rentable : trois degrés abaissés de 8 heures à 17 heures évitent vingt-sept degrés-heures chaque jour ouvré, soit cent trente-cinq par semaine, sans descendre sous 16 degrés. La nuit, deux degrés abaissés de 23 heures à 6 heures évitent quatorze degrés-heures chaque jour, week-end compris, une chambre à 17 degrés étant jugée plus agréable qu'à 20. Une fenêtre ouverte est détectée par la chute de température ou par un capteur d'ouverture, qui évite jusqu'à quarante minutes de chauffage inutile par jour sur quatre pièces. Ajuster la consigne pièce par pièce totalise deux cent soixante-deux degrés-heures évités par jour, comparé à une maison entière maintenue à 19 degrés.
Le degré-heure est l'unité utile ici : un degré d'abaissement pendant une heure. C'est la seule grandeur que vous pouvez calculer vous-même, sans dépendre du prix du kilowattheure ni des promesses d'un fabricant.
Ce qu'on programme vraiment
Une maison perd sa chaleur d'autant plus vite que l'écart avec l'extérieur est grand. Baisser la consigne réduit cet écart, donc les pertes, donc le travail de la chaudière. Le gain ne vient pas d'un réglage magique mais de la durée pendant laquelle l'abaissement dure.
D'où la seule règle qui compte : multipliez le nombre de degrés abaissés par le nombre d'heures. Trois degrés pendant neuf heures valent vingt-sept degrés-heures. Un degré pendant vingt-quatre heures n'en vaut que vingt-quatre. La durée pèse autant que l'amplitude.
Ce profil est celui d'un foyer qui travaille à l'extérieur. Il se décompose en quatre scénarios indépendants, que l'on peut activer un par un.
Scénario 1 : l'absence en journée
C'est le scénario qui rapporte le plus, parce qu'il dure le plus longtemps. De 8 heures à 17 heures, personne n'est là. Un abaissement de trois degrés sur ces neuf heures représente vingt-sept degrés-heures évités chaque jour ouvré, soit cent trente-cinq par semaine.
Deux précautions le rendent confortable. Programmez la remontée trente à soixante minutes avant le retour, pas à l'heure du retour : un radiateur à eau met du temps à réchauffer une pièce. Et ne descendez pas sous 16 degrés dans un logement mal isolé, sinon la remontée coûte plus cher que l'abaissement n'a rapporté.
Techniquement, tout se règle dans le planning hebdomadaire de la tête. Le lot de quatre Sonoff TRVZB, autour de 133 €, permet de traiter d'un coup les quatre pièces qui comptent, avec des plannings distincts par pièce et un historique consultable dans l'application.
Quel abaissement de température programmer la nuit ?
La nuit dure sept heures et concerne toutes les pièces, y compris celles qu'on oublie. Deux degrés d'abaissement de 23 heures à 6 heures font quatorze degrés-heures par jour, tous les jours de la semaine, week-end compris.
Dans les chambres, l'abaissement passe souvent inaperçu, voire se révèle plus agréable sous la couette. Beaucoup de dormeurs préfèrent une chambre à 17 degrés à une chambre à 20. La TRVZB accepte une plage de consigne de 4 à 35 degrés, ce qui laisse largement la place.
Là encore, la remontée matinale se programme en avance. Une salle de bains qui doit être à 20 degrés à 7 heures se met en route vers 6 h 15, pas à 7 heures pile.
Scénario 3 : la fenêtre ouverte
Aérer dix minutes chaque matin est une bonne habitude. Chauffer la rue pendant ces dix minutes n'en est pas une. Deux méthodes existent, et elles ne se ressemblent pas.
La première est la détection intégrée à la tête, qui repose sur la chute de température. L'AVATTO TRV06, autour de 30 €, ferme la vanne dès qu'elle relève une baisse de 6 degrés en 4 minutes, puis reprend le chauffage automatiquement. Rien à installer, rien à appairer.
La seconde est un capteur d'ouverture posé sur la fenêtre, qui déclenche la coupure dès le premier centimètre. Le Sonoff SNZB-04PR2, autour de 21 €, annonce jusqu'à 100 mètres de portée en champ libre et jusqu'à trois ans sur deux piles AAA fournies. Il réagit immédiatement, là où la détection thermique attend quatre minutes.
Sur une aération quotidienne de dix minutes dans quatre pièces, la coupure immédiate évite quarante minutes de chauffage inutile par jour. Ce n'est pas spectaculaire, mais cela ne demande plus aucune attention une fois posé.
Faut-il la même température dans toutes les pièces ?
C'est le scénario le plus rentable en confort, et le plus discret sur la facture. Chauffer un couloir, une chambre d'amis ou un cellier à la même température que le salon n'apporte rien à personne.
| Pièce | Réglage retenu | Écart et durée | Degrés-heures évités par jour |
|---|---|---|---|
| Salon | 16 °C de 8 h à 17 h et de 23 h à 6 h | 3 °C pendant 16 h | 48 |
| Chambre | 17 °C en permanence | 2 °C pendant 24 h | 48 |
| Chambre d'amis inoccupée | 14 °C en permanence | 5 °C pendant 24 h | 120 |
| Salle de bains | 17 °C sauf une heure le matin | 2 °C pendant 23 h | 46 |
Les chiffres de la dernière colonne se comptent par rapport à une maison entièrement maintenue à 19 degrés, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ils s'additionnent : 262 degrés-heures par jour pour quatre pièces seulement, sans qu'aucun occupant n'ait froid.
Pour vérifier que la consigne est tenue, un capteur indépendant vaut mieux que la sonde de la tête, souvent perturbée par la chaleur du radiateur lui-même. Le Sonoff SNZB-02DR2, vendu par deux autour de 30 €, utilise un capteur Sensirion SHT40 donné à plus ou moins 0,2 degré et 2 % d'humidité relative, avec un écran de 3,6 pouces et un historique d'environ six mois dans l'application.
Programmer son chauffage connecté : le matériel qui suit
Tous les scénarios ci-dessus ne réclament pas le même équipement. Voici ce que chacun suppose.
- Absence et nuit : une tête thermostatique par radiateur suffit, la programmation vit dans la tête ou dans l'application.
- Fenêtre ouverte : soit une tête à détection intégrée, soit un capteur d'ouverture relié à la même passerelle.
- Consigne par pièce : une tête par pièce, et un capteur de température indépendant dans les pièces qui comptent.
- Pilotage de la chaudière : un thermostat d'ambiance, qui agit sur la production et non sur la distribution.
Ce dernier point mérite une nuance. Les têtes ferment des robinets, mais elles ne disent rien à la chaudière. Un thermostat d'ambiance comme le Meross MTS200BHK, autour de 51 €, commande la production elle-même : sortie 3 ampères, consigne de 5 à 35 degrés, précision annoncée à un demi-degré et moins de 1 watt consommé par l'appareil. Associé aux têtes, il évite que la chaudière tourne pour rien quand toutes les vannes sont fermées.
Quant aux économies annoncées, prenez-les pour ce qu'elles sont : des ordres de grandeur constructeur. La fiche de la tête thermostatique SwitchBot, autour de 40 €, annonce jusqu'à 30 % de consommation en moins par an. Le seul chiffre qui vous concerne reste celui que vous mesurerez chez vous, avant et après, avec une prise connectée à mesure de consommation.
Yumi, pour sa part, considère que la consigne idéale du salon est celle qui règne juste au-dessus du radiateur.
Les questions qu'on me pose
De combien faut-il baisser le chauffage pendant une absence ?
Trois degrés sur neuf heures constituent un bon compromis dans un logement correctement isolé, soit vingt-sept degrés-heures évités par jour ouvré. Descendre plus bas fait remonter le coût de la relance, surtout avec des radiateurs à eau qui mettent du temps à réchauffer une pièce. La durée du creux rapporte davantage que son amplitude.
Quelle température de nuit faut-il programmer dans une chambre ?
Autour de 17 degrés, une valeur que la plupart des dormeurs trouvent plus agréable que 20. Sur sept heures, deux degrés d'abaissement représentent quatorze degrés-heures par nuit, tous les jours de l'année de chauffe. La Sonoff TRVZB couvre une plage de 4 à 35 degrés, la marge est donc largement suffisante.
Vaut-il mieux une détection de fenêtre ouverte ou un capteur d'ouverture ?
Le capteur réagit immédiatement, la détection intégrée attend une chute de température. L'AVATTO TRV06 coupe la vanne après une baisse de 6 degrés en 4 minutes, ce qui laisse passer les premières minutes d'aération. Le Sonoff SNZB-04PR2 déclenche dès l'ouverture, avec jusqu'à trois ans d'autonomie sur ses deux piles AAA.
Une tête thermostatique suffit-elle, ou faut-il aussi un thermostat d'ambiance ?
Les têtes règlent la distribution, pas la production. Si toutes vos vannes se ferment, la chaudière peut continuer à tourner pour rien. Un thermostat d'ambiance comme le Meross MTS200BHK lui donne l'ordre de s'arrêter. Dans un appartement avec chauffage collectif, en revanche, les têtes seules sont la seule action possible.
Comment vérifier que la programmation fait vraiment baisser la facture ?
En mesurant, pas en croyant. Relevez la consommation sur une semaine avant de programmer, puis sur une semaine comparable après. Les annonces des fabricants, comme les 30 % par an affichés sur la fiche de la tête SwitchBot, donnent un ordre de grandeur, jamais votre résultat. Le climat de la semaine influe autant que le réglage.
Le rayon Chauffage connecté réunit les têtes et les thermostats cités ici, la collection Capteurs connectés les capteurs de température et d'ouverture, et Maison connectée les passerelles qui les relient. Avant de commander, vérifiez la compatibilité de vos robinets avec les vérifications à faire avant d'acheter une tête. Livraison offerte dès 59 € en point relais et dès 89 € à domicile, garantie légale de conformité de 24 mois et retour sous 30 jours.
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Yumi le Programmeur
PDG autoproclamé de Yumi & Cie (personne n'a osé contester)
